Apprivoiser le stress et les émotions par la méditation

Intéressant est ici le mot magique. Prenons un exemple. Vous portez attention à votre respiration. Vous constatez que vous êtes distraits et vous pensez « Je ne peux y arriver.. Je ne réussis jamais »…Vous portez d’emblée un jugement sur vous mêmes. Intéressant !.

Plutôt que de vous identifier à cette disposition d’esprit, vous remarquez votre perfectionnisme et le jugement que vous portez sur vous-mêmes. Intéressant !

Il est possible que cela vous arrive souvent. Peut être cette disposition d’esprit est elle à l’origine de certains de vos problèmes. Ils vous sont servis ici sur un plateau d’argent, accompagnés d’une loupe.

Peu importe ce qui vous arrive, apprenez à vous répéter moment après moment : « c’est intéressant ! » Apprenez à regarder sans jugement. Vous découvrez ainsi un nouvel éclairage sur vous-mêmes et sur le monde que vous vous créez.

Plutôt que de vous identifier à vos dispositions d’esprit spontanées, vous pouvez simplement les regarder, de l’extérieur. Vous pouvez prendre de la distance par rapport à elles, être en accord ou en désaccord avec elles. Peut être est il inutile de porter un jugement sur vous-mêmes. Peut être qu’une position de bienveillance convient davantage. Nous ne sommes ni nos pensées, ni nos sentiments et nous ne sommes pas non plus les dispositions d’esprit que nous adoptons. Se rendre compte de cela nous apporte une liberté bien plus grande que celle que nous imaginions. »


Extrait du livre d’Edel MAEX, « Changer son regard grâce à la méditation », De Boeck, p. 33

JOUER

Nous ouvrons ici une nouvelle perspective. Aussi longtemps que vous faites un avec votre disposition d’esprit, aussi longtemps que vous êtes lié fermement à des formules telles que « c’est ainsi » ou « je suis comme ça », il n’y a pas de perspective, pas d’issue. Votre attitude est alors un carcan qui vous opprime sans que vous sachiez comment ni pourquoi.

Combien de personnes sont trop dures avec elles mêmes, jusque dans leur cœur ? Combien sont prisonnières de ce carcan ? Tous les exercices de pleine conscience vous invitent à une « attention ouverte et bienveillante ». Sans cesse, ce message est répété : bienveillance, bienveillance, bienveillance !

Cette invitation peut faire apparaître subitement, douloureusement, un certain endurcissement de votre cœur. Avant cela, vous ne vous étiez aperçu de rien ; vous êtes vous-mêmes c’est tout. Mais, en réalité, vous n’êtes que ce que vous vous êtes habitué à être… Si vous êtes habitué à recevoir des coups, cela devient normal pour vous – vous vous endurcissez.

L’invitation réitéré à la bienveillance rend attentif précisément par la répétition, à ce qui jusqu’alors vous semblait normal : vous manquez de bienveillance envers vous-mêmes.

Réaliser votre manque de bienveillance envers vous-mêmes est une chose. Vient ensuite cette idée, votre conviction : « je suis ainsi… j’ai été éduqué ainsi..je suis incapable d’être bienveillant envers moi-même… je ne m’en sens pas capable ». Beaucoup de personnes découvrent rapidement que la notion de bienveillance envers soi même leur est totalement étrangère. La dureté apparaît comme un inévitable carcan, qui appartient à leur identité : « je suis ainsi »…

Une fois que vous en êtes là, vous pouvez commencer à « jouer ». Jouer dans les deux sens du terme : comme jouent les enfants, mais aussi dans le sens de tenir un rôle. Vous pouvez expérimenter plusieurs comportements. Vous pouvez les tester, l’un après l’autre..

Certaines dispositions d’esprit vous semblent davantage aller de soit. Elles vous paraissent bien connues : vous avez toujours agit ainsi, sans vous y arrêter. Une autre attitude semble alors impossible, totalement étrangère à vous-même, incongrue. Pour certaines personnes, par exemple, une attitude de colère est inconcevable ; elles ne s’y reconnaissent pas, elles ne peuvent entrer en contact avec cette colère. Elles sont alors étonnées de découvrir leur propre colère, dont elles avaient ignoré l’existence.

Le piège, ici, est de penser : « ce n’est pas vraiment moi » ; penser que « jouer un rôle » entraine quelque chose de faux. Mais pourquoi le carcan dans lequel vous êtes enfermé serait il plus vrai que les autres attitudes possibles ? En adoptant un comportement de colère, en acceptant une attitude de bienveillance, en jouant avec ces dispositions d’esprit diverses, vous nouez en fait des liens et optez pour davantage de liberté… »

Extrait du livre d’Edel MAEX, « Changer son regard grâce à la méditation », De Boeck, p. 29